La Gazette 011 met à l’honneur un printemps vivant sur le Plateau : traditions de Pâques, chasses aux œufs et moments de partage.
Entre rencontres Co’Lab, activités de yoga, cirque et repas partagé à la Maison du Plateau pendant les vacances, les occasions de se retrouver ne manquent pas.
Découvrez aussi la nouvelle dynamique au cœur du village avec l’Hôtel-Restaurant du Cheval Blanc à Nods.
Depuis le 18 décembre 2025, le Restaurant du Cheval Blanc à Nods a rouvert ses portes sous l’impulsion de David Étienne et de sa compagne Virginie Bonneau. Ils se lancent ensemble dans une nouvelle aventure, portée par l’envie de créer un lieu vivant, chaleureux et ancré dans la région.
Séduit par le charme du bâtiment et le calme de la campagne, David apprécie particulièrement l’environnement rural et l’esprit villageois. Rapidement, une ambiance conviviale s’installe, notamment lors des apéros du samedi qui rassemblent habitants et visiteurs dans une atmosphère simple et authentique.
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Côté cuisine, le restaurant propose une carte de brasserie traditionnelle avec des plats généreux. Tartare, entrecôte, risotto végétarien ou encore fondue chinoise côtoient des spécialités comme la souris d’agneau, mijotée longuement pour une tendreté exceptionnelle.
Des repas presque entièrement faite maison, où même les fonds de sauce sont préparés sur place avec soin. L’infrastructure de la cuisine, spacieuse et parfaitement équipée, offre des conditions idéales pour travailler les produits avec qualité et créativité.
Une suggestion hebdomadaire permet également au chef de cuisine de partager ses créations et inspirations, comme ce sera le cas avec un carré d’agneau à Pâques.
Les desserts ne sont pas en reste avec des classiques gourmands tels que le moelleux au chocolat, la crème brûlée ou la tarte Tatin, accompagnée de sa célèbre anecdote.
Vous ne connaissez pas la tarte Tatin ? Un jour, une cuisinière distraite oublie la pâte de son gâteau aux pommes déjà en cuisson. Pour sauver son dessert, elle dépose la pâte par-dessus les fruits caramélisés et enfourne à nouveau. En retournant le tout, elle découvre, surprise, une tarte aussi belle que délicieuse : la Tarte Tatin est née.
En cuisine, Kevin, chef originaire du sud de la France, veille à travailler les produits dès la matière première, avec l’objectif d’obtenir le label “fait maison”.
La grande majorité des produits sont suisses, et tout est mis en œuvre pour valoriser la qualité et le goût.
Le label « Fait Maison » distingue les établissements qui préparent leurs plats sur place à partir de produits bruts ou peu transformés. Il garantit une cuisine authentique, transparente et de qualité, limitant le recours aux produits industriels.
Kevan Schwab est venu renforcer l’équipe en cuisine. Il est originaire de Lignieres. Et ce jeune a fait son apprentissage à l’hôtel de commune de Lignieres. Son éternelle bonne humeur et sa capacité à surmonter les moments de stress lors des rush en cuisine et à soulager le chef, font de lui un élément solaire et très apprécié par l’équipe.
David, qui possède lui-même des compétences culinaires, choisit aujourd’hui de privilégier le contact avec la clientèle, fidèle à l’esprit bistrot qu’il affectionne.

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Parallèlement, l’activité hôtelière démarre progressivement. Les chambres, récemment rénovées, offrent un cadre confortable avec petit-déjeuner inclus.
L’établissement souhaite accueillir aussi bien les promeneurs, randonneurs et cyclistes — avec un local à vélos sécurisé — que les entreprises de la région.
Une autre particularité est que les chiens sont acceptés à l’hôtel.
Avec une petite équipe engagée et une approche authentique, le Cheval Blanc retrouve peu à peu sa place comme lieu de rencontre et de convivialité sur le Plateau.
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📍 Infos pratiques
Hôtel & Restaurant du Cheval Blanc – Nods
Cuisine traditionnelle, plats faits maison et suggestions de saison
Fermeture de Pâques du 6 au 12 avril – Réouverture le 14 avril
🍽️ Restaurant avec ambiance conviviale de bistrot
🛏️ Chambres rénovées avec petit-déjeuner inclus
🚶♂️ Idéal pour randonneurs, cyclistes et visiteurs de la région
🚲 Local à vélos sécurisé à disposition
Le serpolet (Thymus serpyllum) pousse sur les prairies sèches, les talus ensoleillés et les sols maigres du Sud-Jura. Plante basse et rampante, il forme des tapis résistants au vent et à la sécheresse. À la fin du mois de mars, on commence à le repérer, même si sa pleine floraison viendra plus tard.
Son parfum persiste toute l’année dans les feuilles, rappelant la chaleur des mois d’été lorsque l’hiver s’achève à peine.
Anecdote culturelle et historique
Les bergers connaissaient bien le serpolet des hauteurs jurassiennes. Ils associaient son parfum à l’air libre des pâturages et à la respiration ample. En hiver, une tisane de serpolet rappelait les journées passées au soleil, conservées dans les plantes séchées.
Utilisation médicinale traditionnelle
Le serpolet est reconnu pour ses propriétés antiseptiques, expectorantes et réchauffantes. Il est utilisé pour soulager la toux, dégager les voies respiratoires et soutenir la digestion.
Recette – Infusion de serpolet
Ingrédients
1 cuillère à café de plante séchée
250 ml d’eau chaude
Préparation
Infuser 10 minutes à couvert, puis filtrer.
Utilisation
Boire en cas de toux ou de refroidissement.
Conseils et avertissements
La récolte se fait de préférence en été, lors de la floraison. Utiliser au printemps des plantes séchées de l’année précédente.

La Gazette du Plateau – Édition 010 vous invite à découvrir plusieurs belles initiatives et traditions de la région : les 50 ans du Chœur mixte de Lignières, un cours EM sur les microbiomes efficaces présenté par M. Stefan Roth (en version professionnels et amateurs), les traditionnelles boules de Berlin de la société de gym Femina, notre ail des ours de saison, ainsi que d’autres nouvelles et activités qui font vivre le Plateau. 🌿
Le Chœur mixte de Lignières : 50 ans de voix partagées
Cette année, le Chœur mixte de Lignières célèbre ses 50 ans d’existence. Une belle étape pour cet ensemble vocal qui fait vivre la musique et la convivialité dans la région.
Si la fondation officielle date de 1976, l’histoire du chœur remonte en réalité encore plus loin : à l’origine, il était lié au chœur de paroisse du pasteur Robert Grimm, qui animait déjà la vie musicale et spirituelle du village.
Aujourd’hui présidé par Pierrette Menoud, le chœur rassemble une vingtaine de chanteuses et chanteurs venus de tout le Plateau et des environs : Nods, Lamboing, Prêles, La Neuveville, Le Landeron et encore Cressier. Une diversité qui reflète l’esprit ouvert et accueillant du groupe.
« J’ai toujours aimé chanter, cela donne de l’énergie », confie Pierrette Menoud. « Il y a un véritable échange dans le chœur, une synergie entre les voix. Parfois on arrive fatigué d’une journée bien remplie… et après deux heures de répétition, on rentre à la maison avec plus d’énergie qu’en arrivant. Pendant ce moment, toutes les autres pensées se mettent entre parenthèses. »
Le chœur chante à trois ou quatre voix et se veut accessible à toutes et tous.

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Sa directrice, Miriam Vaucher – Pia Maria -, est convaincue que tout le monde peut chanter. Professeure de piano, elle dirige également le chœur d’hommes d’Ipsach et joue de l’orgue dans différentes églises, principalement à Gléresse et Douanne où elle est aussi Co-organisatirice de la “Konzerteihe”. Installée à Prêles, elle est aussi active dans la région biennoise où elle organise des concerts, notamment la série Montag um sieben qui se produisait régulièrement à Bienne.
Sous sa direction, le répertoire du chœur se révèle riche et varié. On y trouve des œuvres classiques comme Mozart ou le Magnificat de Vivaldi, mais aussi des pièces folkloriques ou contemporaines. Les choristes chantent en français, allemand, anglais ou espagnol, tout en faisant aussi une place aux compositeurs d’ici, comme Joseph Bovet. Certaines œuvres sont exigeantes, d’autres plus accessibles, mais toutes participent à la recherche d’une belle harmonie et d’une vibration commune.
Le chœur cultive également des échanges avec des musiciens professionnels et collabore à l’occasion avec des instrumentistes ou des solistes. Des liens existent notamment avec les Variations Musicales, renforçant encore l’ouverture musicale de l’ensemble.
Tout au long de l’année, le chœur anime la vie locale. Il participe à deux cultes à La Neuveville, organise des concerts tous les deux ans, et prend part à la Désalpe de Lignières, où il chante et tient un stand convivial avec pain, tresse et spécialités maison.

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L’année 2026 sera particulièrement festive avec le concert anniversaire des 50 ans, prévu le
21 novembre à 20h au temple de Lignières et le 22 novembre à La Neuveville.
Avant cela, le chœur ouvre grand ses portes :
le 24 mars à 20h à La Neuveville, toute personne curieuse de découvrir le chant choral est invitée à participer à une répétition. Une belle occasion d’essayer, de chanter et de ressentir la dynamique du groupe.
Car le chœur souhaite aussi accueillir de nouvelles voix. « Le top serait d’être une trentaine », sourient les choristes. Les voix masculines, notamment, sont les bienvenues.
Que vous soyez chanteur expérimenté ou simplement curieux de découvrir votre voix, c’est peut-être le bon moment pour rejoindre l’aventure et contribuer à la préparation de ce magnifique concert anniversaire.

L’ail des ours, le réveil vert de la forêt jurassienne
Description
L’ail des ours (Allium ursinum) apparaît dès que les forêts humides du Plateau se réchauffent. Il forme rapidement de vastes tapis de feuilles vert tendre dans les sous-bois ombragés et le long des ruisseaux. Son odeur caractéristique d’ail frais annonce sans ambiguïté la fin de l’hiver.
Plante sauvage et alimentaire, l’ail des ours marque une rupture saisonnière : après des mois de nourriture conservée et plus lourde, il introduit une fraîcheur nouvelle dans l’alimentation et dans les usages médicinaux.
Anecdote culturelle et historique
Son nom fait référence à une croyance ancienne : les ours consommeraient cette plante au sortir de l’hibernation pour reprendre des forces. Qu’elle soit exacte ou non, cette image a traversé les siècles et associe l’ail des ours au renouveau, à la vitalité et à la sortie progressive de l’hiver.
Utilisation médicinale traditionnelle
L’ail des ours est considéré comme stimulant, digestif et légèrement antibactérien. Il soutient le métabolisme printanier et accompagne les transitions saisonnières. Son usage est avant tout alimentaire-médicinal, privilégiant la fraîcheur des feuilles.

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Recette – Beurre à l’ail des ours
Ingrédients
Une poignée de feuilles fraîches
100 g de beurre ramolli
Une pincée de sel
Préparation
Hacher finement les feuilles, les mélanger au beurre et saler légèrement.
Utilisation
À consommer sur du pain ou avec des légumes, en petites quantités.
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Conseils et avertissements
Attention aux confusions possibles avec le muguet ou le colchique, qui sont toxiques. Toujours vérifier l’odeur d’ail et la forme des feuilles avant la récolte.
Le Plateau accueille les premiers signes du printemps, une période riche en émerveillements et en inspirations, avec de nombreux événements et activités dans la région.
Dans cette gazette :
Portrait d’André Weber, photographe, par Céline Latscha
Les événements à venir ces prochaines semaines
Nos perce-neiges, messagers du renouveau
Une pensée de Zaïna
Les nouvelles de Plateau Vivant et de la Maison du Plateau.
Cliquez sur l’image pour accéder à La Gazette.
Photographe atypique à l’objectif affûté, le Neuvevillois André Weber fait halte à la Maison du Plateau pour y exposer quelques-uns de ces plus beaux clichés.
Une rencontre authentique, à l’orée d’un bois ou entre les brumes automnales qui habillent la campagne de poésie et de douceur.
A découvrir dès le 7 mars -3 mai 2026
Vernissage le 7 mars de 10h-12h
à apprécier sans modération.
Il y a cette scène qui dit presque tout d’André Weber. Une promenade en forêt. Rien de spectaculaire. De la lumière entre les arbres, un silence tranquille. Et puis un homme, croisé au détour d’un sentier. Un visage très expressif, habité, comme sculpté par la vie. André le remarque immédiatement. Il n’est pas du genre à aborder les inconnus : il est plutôt de ceux qui observent, qui se retiennent, qui laissent passer. Il hésite, continue quelques mètres, puis s’arrête. Quelque chose insiste. Il fait demi-tour, s’approche, cherche ses mots, s’excuse presque : « Je me permets… est-ce que je pourrais vous tirer le portrait ? »
L’homme accepte. Simplement. Ils s’assoient. Ils parlent. De leur vie, du temps qui passe, des chemins parcourus. L’appareil est là, mais il ne prend pas de place entre eux deux. André photographie comme il regarde : sans brusquer, sans lui voler un peu de sa personnalité. Il n’a pas besoin de grandes phrases pour mettre quelqu’un à l’aise ; sa présence suffit. Quand il déclenche, on comprend que la photo n’est pas une « capture », mais une forme de confiance. Plus tard, il envoie quelques images. La réponse arrive sous forme de lettre, longue, émue, pleine de reconnaissance. Ce courrier, il le garde comme on garde une preuve que l’image a touché juste : pas parce qu’elle flatte, mais parce qu’elle révèle.

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Cette manière d’être traverse tout son travail. André Weber ne chasse pas des images, il cherche des instants vrais. Il peut passer des heures sur une trace, revenir au même endroit encore et encore, accepter de rentrer sans rien. Ce n’est pas une coquetterie d’artiste : c’est sa façon de respecter ce qu’il photographie. Quand il suit les animaux, il parle de leurs habitudes, de leur rythme, de la nécessité de « savoir entrer chez eux ». Il observe les chevreuils, apprend les passages, comprend ce qui les inquiète, ce qui les rassure. Il se fond dans le paysage. Pas pour se rendre invisible au sens spectaculaire, mais pour ne pas être un obstacle. Pour que le vivant reste vivant.
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Ses photos portent cette patience. Une fleur fragile surgit d’un sous-bois sombre, et l’on sent qu’elle n’a pas été « mise en scène » : elle a été trouvée, au bon moment, dans la bonne lumière. Un renard fixe l’objectif, net, présent, sans que l’on sache s’il va fuir ou rester. La brume, elle, est l’une de ses matières favorites : elle ne masque pas, elle raconte. Elle adoucit les contours, ouvre des formes, relie la terre au ciel. Dans ces images, le réel garde son exactitude, mais il gagne une profondeur presque mystique — ce surplus – ce surplus que tu décris très justement — sans jamais basculer dans l’artifice.
La photo de la pleine lune derrière l’émetteur de Chasseral résume aussi cette rigueur. Trois ans d’attente. Une douzaine de pleines lunes par an, mais presque chaque fois un obstacle : un nuage mal placé, un voile trop dense, un axe qui n’est pas exactement celui qu’il faut. À l’époque où l’on peut tout fabriquer, tout assembler, tout « améliorer », André Weber choisit l’inverse. Il se refuse à l’intelligence artificielle pour produire ce que le ciel n’a pas donné. Il pourrait, bien sûr. Mais ce serait trahir ce qu’il cherche : la vérité d’un instant. L’authenticité du moment. Ce matin où l’astre se cale enfin derrière la tour, immense, posé dans un bleu spectaculaire, l’image n’impressionne pas seulement par sa beauté. Elle impressionne parce qu’elle a demandé de la fidélité : à un projet, à un lieu, à une manière de faire.
André Weber ne se met jamais en avant. Il préfère disparaître derrière ce qu’il photographie. Il ne parle pas de « performance », il parle de sentiment : retrouver, dans l’image finale, ce qu’il a ressenti au moment du déclenchement. Comme si la photographie avait pour mission de sauver quelque chose qui, sinon, s’évanouirait — un frisson, une présence, une paix. Il y a là une idée simple, presque dérangeante : le bonheur est souvent devant nous, mais on ne le voit plus. On s’habitue, on passe, on devient aveugle. Ses images, elles, obligent à ralentir. À regarder vraiment.
Dans un monde saturé d’instantané, de retouche et d’images fabriquées, sa démarche prend une tonalité presque résistante. Il choisit la lenteur. Il accepte l’échec. Il revient. Et lorsqu’enfin quelque chose s’accorde — un regard, une lumière, une lune — ses photographies ne crient pas victoire. Elles murmurent. Elles rappellent que la beauté existe encore, qu’elle n’a pas besoin d’être inventée, seulement rencontrée. Et qu’un photographe, parfois, n’a pas d’autre rôle que celui-ci : ouvrir une fenêtre, puis s’effacer.
La photographie ne consiste pas seulement à capturer le temps réel en temps intemporel, c’est aussi une manière de communication universelle qui peut être comprise par tous, indépendamment du langage ou d’origine. Une manière de montrer l’âme des choses.
Céline


Le perce-neige, messager discret du renouveau.
Alors que l’hiver s’allège sur le Plateau jurassien, une petite fleur blanche ose déjà traverser le gel et parfois même la neige. Le Galanthus nivalis, plus connu sous le nom de perce-neige, est souvent le premier signe visible que la saison froide amorce sa transition.
Autour du Chasseral, en lisière de forêt, dans les prairies fraîches ou les zones légèrement humides après la fonte des neiges, il apparaît discrètement entre fin février et début mars, selon l’altitude. À 800–1000 mètres, il peut déjà former de petits tapis blancs délicats, annonçant le réveil progressif de la terre.
Une fleur chargée d’histoire
Son nom botanique, Galanthus, vient du grec « gála » (lait) et « ánthos » (fleur) — littéralement « fleur de lait ». Introduit et largement diffusé en Europe au Moyen Âge, notamment par les jardins monastiques, le perce-neige est devenu au fil des siècles un symbole d’espérance, de pureté et de renaissance.
Dans les traditions alpines et jurassiennes, apercevoir le premier perce-neige signifiait que l’hiver avait perdu de sa force. La lumière revenait, imperceptiblement mais sûrement.
Résilience et délicatesse
Plante vivace à bulbe, le perce-neige possède une remarquable capacité d’adaptation. Sa floraison précoce et sa résistance au froid témoignent d’une force tranquille. Il ne cherche pas à dominer le paysage ; il s’impose par sa constance.
Sur le plan scientifique, la plante contient de la galantamine, un alcaloïde utilisé en médecine moderne dans certains traitements des troubles cognitifs. Toutefois, le perce-neige reste une plante toxique et ne doit en aucun cas être consommé.
Un symbole pour notre région
Dans le contexte du Plateau, où les saisons sont marquées et les hivers parfois rigoureux, le perce-neige rappelle que chaque cycle a sa dynamique propre. Sous la surface gelée, la vie travaille déjà.
Observer cette petite fleur, c’est se souvenir que le renouveau ne fait pas toujours de bruit. Il commence souvent en silence, dans la discrétion, mais avec détermination.
À l’approche du printemps, le perce-neige nous invite à porter attention aux signes subtils : la lumière qui s’allonge, les sols qui se réchauffent, les bourgeons qui gonflent. Une transition douce, mais bien réelle.
Le Galanthus nivalis (perce-neige) est l’une des toutes premières fleurs à émerger sur le Plateau et autour du Chasseral.
Christelle C.
En ce cœur de février, le Plateau continue de vibrer sous le souffle de l’hiver.
Nous partons à la découverte de l’Épicerie de Prêles, des noisetiers en fleurs et des nombreuses activités qui animent notre région.
Une nouvelle édition de La Gazette prend vie, portée par l’énergie et l’engagement d’ici.
Depuis le 9 décembre 2022, l’Épicerie de Prêles a ouvert ses portes grâce à l’initiative de Silvana, qui souhaitait offrir un espace à son image : chaleureux, créatif et convivial.
« Je voulais partager mon univers : la cuisine, les plantes, mes créations… et tout simplement ce que j’aime », explique-t-elle.
Mais pour Silvana, ce projet, c’est aussi une rencontre avec les autres : «J’aime partager ce que je fais et découvrir ce que les gens apprécient. »
L’épicerie propose principalement des produits locaux et suisses, parfois bio, mais elle ouvre aussi la curiosité vers d’autres horizons.

Silvana Bordas a toujours beaucoup aimé la cuisine. Formée en Argentine à l’école de cuisinière, elle a perfectionné son art avant de poser ses valises en Suisse. Sa passion pour la nature l’a ensuite conduite à suivre un CFC d’horticultrice à Neuchâtel, combinant ainsi savoir-faire culinaire et respect du terroir. Aujourd’hui, à l’Épicerie de Prêles, elle partage avec ses clients des produits soigneusement sélectionnés et des recettes inspirées par la richesse du Plateau, alliant goût, qualité et authenticité.
Parmi les produits disponibles, on retrouve : Fromages de Lignières, Nods, du Jura et de Fribourg (5 fromageries différentes), Chocolats de Patrice de La Neuveville, Pâtes à tartiner de Christoph de Courtelary, Confitures de Justine de Lamboing, Pâtes artisanales de Lignières.
Silvana fait une sélection de produits qu’elle aime beaucoup utiliser chez elle, pour la préparation de ses repas et une vie en pleine santé.
Mais l’Épicerie de Prêles, ce n’est pas seulement des produits à acheter : c’est un lieu de vie et de créativité.
Silvana présente les différentes facette de l’Epicerie :
L’épicerie – pour découvrir et cuisiner avec des produits locaux et de saison
Les plantes et la décoration – un espace où Silvana présente des créations artisanales et des objets décoratifs.
Le café et la cuisine – un lieu de rencontre où l’on peut déguster les spécialités maison, comme les tresses chaque samedi, les empanadas et autres créations culinaires
Une belle collaboration avec Chez Justine à Lamboing – un espace de projets communs et d’événements partagés.

Echange culturel : Originaire d’Argentine, Silvana aime partager quelques spécialités comme “les focaccias, des escargots à la cannelle, des pâtisseries maison et le maté”. Ses clients lui permettent aussi de découvrir des spécialités suisses dont une petite anecdote : « En Argentine, on ne consomme des haricots que durant la saison. Ici, des clients m’ont demandé des haricots secs suisses. Ce fut une grande découverte, et j’ai trouvé de quoi les proposer dans mon épicerie ! »
Malgré son enthousiasme et son énergie, Silvana souligne que diriger une petite entreprise dans un village reste un défi, notamment en termes de sécurité et de continuité.
Son souhait : que l’épicerie continue à être un lieu de rencontre, d’échange et de convivialité, où l’on peut faire ses achats locaux tout en partageant un moment chaleureux autour d’un café ou d’une spécialité maison.
Avec son sourire, sa créativité et son amour du partage, Silvana a su créer à Prêles un endroit où chacun peut se sentir accueilli, découvrir de nouvelles saveurs et profiter d’un moment de convivialité unique.
https://www.instagram.com/lepicerie.preles/

Quand l’hiver s’apaise et que février s’avance, le noisetier se distingue sur nos collines et dans nos bois, annonçant discrètement le printemps.
On les rencontre partout sur Le Plateau, et même dans les clairières du Chasseral, là où le soleil caresse ses branches tortueuses.
Ses fleurs mâles, appelées chatons, pendent dès janvier, tandis que les fleurs femelles, minuscules et rouges, s’épanouissent sous le vent doux de février.
C’est un symbole de protection, d’abondance et de renouveau, un petit trésor de nos paysages du Plateau.
Légende locale :
Autrefois, on disait que le noisetier portait chance aux amoureux : un jeune couple qui plantait un noisetier ensemble verrait son amour grandir solide comme le bois de l’arbre. On racontait aussi qu’il chassait les mauvais esprits : ses branches, accrochées aux portes ou aux fenêtres, protégeaient la maison contre les sorts et les maladies.
Ainsi, le noisetier n’est pas seulement un arbre à fruits ; c’est un symbole de protection, d’abondance et de renouveau, un petit trésor de nos paysages du Plateau. En février, quand ses chatons dansent au vent, il nous rappelle que la vie reprend toujours, même dans le froid de l’hiver.
Le secret sucré des chatons
Sur le Plateau, les hivers sont longs et silencieux. Les anciens racontent qu’en février, quand les chatons de noisetier se balancent au vent, il suffit de les cueillir délicatement pour attraper un peu de lumière et de chaleur de l’arbre.
Autrefois, les villageois trempaient ces petites fleurs dans du chocolat fondu, mélangeant leur parfum doux et subtil à la richesse des noisettes. On disait que chaque bouchée apportait un peu de courage, un peu de douceur, et parfois même un sourire inattendu.
Aujourd’hui encore, préparer ces chocolats aux chatons est une manière de se relier à la nature, de goûter l’hiver autrement, et de se rappeler que même dans le froid, le Plateau sait offrir ses trésors les plus simples et les plus précieux.
Vertus médicinales
Depuis l’Antiquité, le noisetier est un allié santé :
• Les feuilles, infusées, sont diurétiques et favorisent la digestion.
• L’écorce et les chatons ont été utilisés pour soulager les rhumatismes et stimuler la circulation sanguine.
• Les noisettes, riches en vitamine E et en acides gras essentiels, sont de véritables boosters naturels pour le cœur et le cerveau.
Caractéristiques
• Hauteur : jusqu’à 6 mètres, parfois plus en vieux sujets.
• Feuilles arrondies et doublement dentelées.
• Fruits : la noisette, petite mais riche, mûrit à l’automne et se cache souvent sous un bonnet vert.
• Bois léger, apprécié pour les outils, les flèches et les tuteurs.
Sur Le Plateau, on le rencontre au plateau de Diesse, à Lignières, à Nods, et même dans les clairières du Chasseral, là où le soleil caresse ses branches tortueuses. Ses fleurs mâles, appelées chatons, pendent dès janvier, tandis que les fleurs femelles, minuscules et rouges, s’épanouissent sous le vent doux de février.
A découvrir :
Ces dernières semaines, l’association a renforcé la dynamique socio-culturelle du Plateau en créant et en nourrissant des liens entre les sociétés de la région. À travers des soirées informatives conviviales, mêlant apéritifs et moments d’échanges, ainsi que de nombreux contacts directs, une belle synergie s’est mise en place.
En 2022, le Brass Band de Lignières a célébré un anniversaire marquant : 100 ans d’existence. Un siècle de musique, d’engagement et de moments partagés qui témoignent de la vitalité de cet ensemble emblématique de la région. Loin d’être figé dans le passé, le Brass Band de Lignières est aujourd’hui plus vivant que jamais, porté par une équipe dynamique et intergénérationnelle, animée par l’amour de la musique et le plaisir de jouer ensemble.
Depuis ses débuts, le Brass Band a toujours occupé une place importante dans la vie locale. Concerts, manifestations, fêtes villageoises ou événements régionaux : sa musique accompagne les temps forts du Plateau et crée des liens durables entre les habitants. Cet ancrage régional fort est l’une des grandes richesses de l’ensemble, qui allie tradition et ouverture, exigence musicale et ambiance chaleureuse.
Une aventure musicale collective
Le Brass Band de Lignières, c’est avant tout une aventure humaine. Chaque musicienne et chaque musicien apporte sa couleur, son énergie et son engagement à la musique et au groupe. La complémentarité entre les instruments – cuivres, percussions – mais aussi entre les personnalités, crée une dynamique unique. Ici, la musique est vécue comme un langage commun, un espace de rencontre et de partage, où chacun trouve sa place.
Une musique accessible et inspirante
Le répertoire du Brass Band de Lignières est varié et accessible, mêlant pièces classiques du brass band, musiques contemporaines, arrangements modernes et œuvres plus festives. Cette diversité permet de toucher un large public et de faire découvrir toute la richesse de la musique d’ensemble.
Le concert annuel – 14 mars 2026
Un rendez-vous à noter dès maintenant : le concert annuel du Brass Band de Lignières aura lieu le 14 mars 2026. Ce moment fort de l’année musicale promet une soirée riche en émotions, en découvertes et en partages. Le public pourra y retrouver l’enthousiasme et la qualité musicale qui font la réputation de l’ensemble, dans une ambiance conviviale et festive.
Ce concert est aussi une belle porte d’entrée pour celles et ceux qui souhaitent mieux connaître le Brass Band, son esprit et son univers musical.
Rejoindre le Brass Band : bienvenue aux nouvelles personnes
Le Brass Band de Lignières est ouvert aux nouvelles personnes intéressées à se joindre à l’ensemble. Que vous soyez musicien·ne expérimenté·e ou que vous souhaitiez reprendre un instrument, l’équipe vous accueille avec les bras ouverts. Rejoindre le Brass Band, c’est apprendre, progresser, partager une passion commune et vivre la musique dans un cadre stimulant et humain.
Un acteur culturel essentiel du Plateau
Par son engagement sur la durée, le Brass Band de Lignières contribue activement à la vie culturelle du Plateau. Il rappelle combien les sociétés locales jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale, la transmission et le dynamisme régional. Après 100 ans d’histoire, le Brass Band continue d’écrire la sienne, avec enthousiasme et ouverture vers l’avenir.

Pour en savoir plus sur le Brass Band de Lignières, ses activités et ses prochains événements :
👉 https://plateau-vivant.ch/annuaire/brass-band-lavenir-lignieres-2/
Une belle invitation à écouter, ressentir… et peut-être à rejoindre l’aventure musicale. 🎶
Le plantain lancéolé – la plante qui suit le chemin
Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) est discret, mais remarquablement résistant. Il pousse là où l’on marche : le long des chemins, dans les prés, aux abords des villages. Cette proximité avec les lieux de passage en a fait une plante familière, presque compagne du quotidien.
Même en hiver, il survit grâce à ses rosettes basses, plaquées au sol. La neige le protège du gel et du vent. Alors que beaucoup de plantes disparaissent, le plantain reste présent, silencieux et fidèle à sa place.
Traditionnellement, il est connu comme plante contre la toux et pour la peau. Ses feuilles apaisent, désinfectent et favorisent la cicatrisation. Dans les campagnes, il faisait partie des remèdes simples, transmis sans livres, par l’observation et l’expérience.
Une plante des voyageurs
Le saviez-vous ?
On appelait autrefois le plantain la « plante des pas », car il suivait les traces humaines. Les marcheurs appliquaient ses feuilles sur les ampoules ou les petites blessures, souvent directement au bord du chemin. Cette fidélité aux lieux de passage explique pourquoi on le retrouve encore aujourd’hui, même en plein hiver.
Comment le repérer sous la neige ?
• Rosette très plate, collée au sol
• Feuilles étroites aux nervures parallèles
• Bords de chemins, zones piétinées
• Neige souvent plus fine ou déplacée
• Pointes de feuilles parfois visibles sur le côté
A découvrir : Les sociétés du Plateau – Femina Sport – Nos chênes – Evénements et Nouvelles
Les sociétés du Plateau sont le cœur battant de notre région.
Elles renforcent le sentiment d’appartenance, valorisent les savoir-faire locaux et nourrissent une vie communautaire essentielle à l’équilibre de notre région.
Le chêne – arbre de force, d’ordre et de soin
Le chêne (Quercus robur / petraea) est l’un des arbres les plus marquants du Jura. Sa longévité, sa stature et son enracinement profond en ont fait depuis toujours un symbole de force, de stabilité et de protection. De nombreux chênes étaient déjà là lors de la fondation des villages – et ils sont encore présents aujourd’hui. Leur croissance lente évoque une solidité construite dans le temps.
On se réunissait sous les chênes, on y faisait halte, on s’y orientait. Ils faisaient partie du paysage vécu, pas seulement observé. Dans le Jura, ils marquent souvent des lieux de passage, des clairières, des limites anciennes. Le chêne n’était pas un arbre ordinaire, mais un repère.
Sur le plan médicinal, on utilisait surtout l’écorce, très riche en tanins. Elle était reconnue pour ses propriétés astringentes et anti-inflammatoires, notamment pour la peau. En hiver, lorsque l’arbre est au repos, l’écorce concentre sa force – c’est alors qu’elle était traditionnellement prélevée avec respect.
Une anecdote culturelle
Le saviez-vous ? Autrefois, les assemblées et les jugements avaient souvent lieu sous les chênes. Arbre de justice et d’équilibre, il symbolisait l’ordre et la mesure. Son usage médicinal reflète cette symbolique : l’écorce protège, resserre et redonne de la structure là où il y a irritation ou déséquilibre. Le chêne soigne en ramenant de la tenue.
Même en hiver, lorsqu’il paraît nu et silencieux, sa présence reste forte et rassurante.
Vertus médicinales du chêne
Partie utilisée : Écorce
Effets :
• astringent puissant
• anti-inflammatoire
• protecteur
Utilisation :
Décoction pour compresses, bains ou lavages
(usage externe traditionnel)
La Gazette du Plateau vous accompagne en ce début d’année comme un espace de lien, d’information et d’inspiration au cœur de notre région.
À chaque édition, elle met en lumière les initiatives locales, les événements, les projets et les personnes qui font vivre le Plateau au quotidien.
Pensée comme un lieu de partage, elle fait se rencontrer idées, savoir-faire, engagements et élans créatifs.
Vous y trouverez l’agenda des activités, des portraits, ainsi que des nouvelles des associations et entreprises locales.
En 2026, La Gazette du Plateau évolue avec vous pour nourrir un Plateau vivant, solidaire et inspirant 🌿
L’antenne et l’hôtel-restaurant du Chasseral constituent un véritable point de repère tant pour les habitants du plateau que pour les visiteurs.
Perché à 1’600 mètres d’altitude, Le Chasseral est bien plus qu’un établissement hôtelier : C’est un lieu emblématique du Plateau, offrant une vue panoramique à 360 degrés parmi les plus spectaculaires de la région. Il incarne depuis des générations l’esprit d’accueil, de rencontre et de partage propre à la région.
L’établissement propose un service hôtelier complet, une offre gastronomique soignée, des événements variés ainsi que des expériences nature destinées aussi bien à la population locale qu’aux hôtes venant de Suisse et de l’étranger. Ici, la nature, la détente et la culture régionale se rejoignent harmonieusement, dans un cadre à la fois authentique et inspirant.

Un lieu d’expérience vivant, authentique et durable.
“Notre ambition est de faire du Chasseral un lieu vivant, accueillant et respectueux de son environnement. Nous œuvrons au quotidien pour un tourisme doux, en lien étroit avec les acteurs locaux, afin de valoriser l’économie régionale, le patrimoine et les paysages uniques du massif.
Pour nous, le Chasseral est avant tout un lieu de vie et de partage : un espace de rencontre, de détente et d’inspiration, ouvert à toutes et tous. Profondément ancré dans son histoire et son territoire, il vit au rythme de son environnement et des personnes qui l’habitent, le traversent et s’y retrouvent.«
Ancré dans le tourisme durable, l’établissement et son équipe accueillent hôtes d’ici et d’ailleurs dans un esprit de convivialité et de culture régionale. Depuis le 3 décembre 2025, Marion Carnal et Joris Zahnd en assurent la codirection et se réjouissent de vous accueillir au Chasseral.
« Nos objectifs s’inscrivent dans une vision humaine et respectueuse du territoire. Nous tenons également à renforcer l’économie régionale en collaborant étroitement avec les producteurs, artisans et acteurs locaux, afin de valoriser les savoir-faire de la région. La préservation du patrimoine culturel et paysager, qui fait l’identité unique du massif, est au cœur de notre engagement.«

Photo : Joris Zahnd, Elias Vogt, Marion Carnal, Michael De Santis
Des défis relevés ensemble. Gérer un établissement à cette altitude est une aventure exigeante. La saisonnalité, les conditions climatiques, l’entretien des infrastructures et la recherche de personnel qualifié font partie des défis quotidiens. À cela s’ajoutent les enjeux liés à la mobilité durable, à l’accessibilité et aux rénovations énergétiques nécessaires pour assurer la pérennité du site.
Dans ce contexte, le soutien du tissu régional, les partenariats, la mise en réseau et l’organisation d’événements jouent un rôle essentiel. Ensemble, ces collaborations permettent au Chasseral de rester un acteur central de la vie touristique et culturelle du Plateau.
L’Hôtel-Restaurant Chasseral se veut avant tout un lieu vivant, simple et chaleureux, où l’on se sent chez soi, que l’on monte pour la première fois ou que l’on y revienne depuis toujours. Un lieu pour se rencontrer, partager, s’inspirer… et continuer à faire battre le cœur du Plateau, là-haut, au sommet.
C’est toujours un moment précieux de monter jusqu’au Chasseral, de laisser le brouillard derrière soi et d’accueillir la lumière d’un lever ou d’un coucher de soleil.
Là-haut, le temps semble ralentir, l’horizon s’ouvre et le regard respire.
Prendre quelques instants pour savourer une boisson ou un repas de saison au restaurant prolonge cette parenthèse.
Une expérience simple, authentique, qui relie nature, convivialité et plaisir des sens.
Hotel Restaurant Le Chasseral, Route de Chasseral 124, 2518 Nods
Restaurant/Hotel: +41 32 751 24 51 E-Mail: info@chasseral-hotel.ch
Heures d’ouverture : cliquez ici


Photo présentation sur la droite: www.vincentbourrut.ch
Autre photos : www.matthiaskaeser.ch et www.chasseral-hotel.ch
Photo de l’antenne en bas : Valentin Wepfler de Plateau Vivant
Joyeuses Fêtes à tous
Portrait : Evoluer en toute liberté sur ce Plateau qui l’a vu grandir est pour Lesly Thévoz un bonheur véritable.
Evénements des prochaines semaines : Agenda du Plateau.
Une pensée de Noêl à tous de la part de Valentin Wepfler, président de Plateau Vivant.
Nos épicéas …. Cliquez sur la photo pour lire La Gazette 004
Elle est née à Bienne, mais c’est sur le Plateau de Diesse que Leïla Thévoz a appris l’essentiel : lever la tête, marcher longtemps, s’arrêter pour regarder. Depuis l’âge de 3 ans, elle grandit avec cette lumière particulière des hauteurs et ce mélange de proximité et d’horizons ouverts qui façonnent une manière d’être au monde. Aujourd’hui installée à Nods, elle y revient sans cesse — par attachement, par respiration, et parce que ses images, d’une manière ou d’une autre, y prennent toujours racine.
Après le gymnase à Bienne, le chemin n’est pas encore tracé. Elle commence l’université, hésite, cherche. Puis viennent les stages. À 21 ou 22 ans, un passage à TeleBielingue agit comme un déclic : le rythme, le terrain, la fabrication du récit. Le stage se prolonge, puis viennent les collaborations en freelance, notamment pour la chaîne. Ensuite, presque cinq ans à la radio locale RJB comme animatrice : une école de la voix, de l’écoute, de l’instant présent. Mais assez vite, une évidence s’impose : ce qui l’attire profondément, c’est l’image.

Du son vers le cadre
Elle part alors à Paris, où elle suit un bachelor en documentaire. Là-bas, elle affine une manière de filmer qui ne force rien, qui approche avec délicatesse, attentive aux silences autant qu’aux paroles. En parallèle, elle continue à travailler comme journaliste-reporter d’images, tout en développant ses propres projets. Paris lui offre une densité culturelle stimulante, mais sans jamais rompre le fil qui la relie au Plateau.
C’est dans ce contexte qu’elle se met à travailler sur son premier long métrage documentaire, Dis-moi ton secret. Un film né d’une question ancienne, presque intime, et d’un souvenir d’enfance qui n’a jamais cessé de l’accompagner.
La part du mystère
Dans sa famille, un épisode a marqué durablement les esprits. L’une de ses petites sœurs — Leïla en a trois — avait, enfant, une tumeur à la gorge. Les médecins ne savaient pas précisément de quoi il s’agissait et recommandaient une intervention. Les parents refusent, quittent l’hôpital. Quelques jours plus tard, un ami de la famille, muet, pose ses mains autour de la gorge de la fillette. La tumeur disparaît. L’enfant répète ensuite, avec la certitude limpide des très jeunes : « le vieux monsieur m’a pris ma boule ».
On lui dira plus tard que les fées n’existent pas, qu’il faut se méfier des sorcières. Mais Leïla a grandi avec un père attentif, joueur, qui a appris à ses filles à regarder la nature de près, à s’y plonger avec curiosité et respect. Dis-moi ton secret ne cherche pas à expliquer ni à convaincre. Le film observe, écoute, questionne. Il laisse une place au doute, à l’invisible, à cette part de mystère qui résiste aux certitudes trop rapides.
Revenir à l’essentiel
Lorsqu’elle revient sur le Plateau avec cette expérience et ce film, elle choisit de faire ce qui la touche vraiment. Et puis, elle est devenue maman. Son fils, Lenny, a modifié l’échelle des choses. Paris était riche, foisonnant, mais voir son enfant grandir ici, courir dans les prés, jouer dehors, lui paraît aujourd’hui une évidence. Un besoin. Un héritage à transmettre.

Elle continue de travailler à TeleBielingue et propose une série, Un jour en sept minutes. L’un des épisodes suit la sage-femme qui l’a accompagnée lors de son accouchement. Une figure reconnue, presque emblématique dans le milieu biennois, dont le travail la fascine. L’idée d’un film plus long autour de cette femme continue de mûrir : quelque chose de fort, profondément humain, et pourtant très ancré dans la région. Ces projets racontent aussi une manière de vivre, étroitement liée au territoire. Le Plateau n’est pas seulement un décor, mais un espace de ressourcement, un lieu où Leïla Thévoz se retrouve pleinement.
Le Plateau comme respiration
Depuis l’âge de dix ans, l’équitation occupe une place centrale dans sa vie. Le cheval est son animal fétiche. Avec Hidylle, elle traverse les marais, longe les forêts, galope quand l’espace s’ouvre. « C’est ma méditation », dit-elle. Là, elle se sent libre, pleinement présente.
Elle aime aussi le lac, tout proche. Cette possibilité, presque évidente quand on vit sur le Plateau, de passer rapidement des hauteurs aux rives. Elle nage, rame en paddle, pratique le foil, avec cette impression de voler au-dessus de l’eau. Une sensation de légèreté qui fait écho à sa manière d’aborder la vie et le travail.
Son lieu préféré reste pourtant une petite forêt, derrière la dernière ferme de Châtillon, en direction de Lignières. Avant d’y arriver, juste là. Elle aime l’automne, les couleurs, mais aussi cette période où le givre recouvre les branches, quand le paysage devient silencieux et presque irréel. Poétique, parfait.
Attachée aux gens, à sa famille, à ses sœurs — quand elles se retrouvent à Nods, c’est toujours la fête — Leïla Thévoz incarne une manière d’habiter le Plateau sans nostalgie, mais avec profondeur. Filmer le proche, croire encore à une forme de magie du réel, avancer avec douceur et exigence : chez elle, la sensibilité n’est pas un refuge, mais une force.
Céline Latscha

Légende-photo : Evoluer en toute liberté sur ce Plateau qui l’a vu grandir est pour Leila Thévoz un bonheur véritable.

Je souhaite à toutes et à tous, de belles fêtes, un Noël paisible, et tout de bon pour la nouvelle année.
Un bon fondement – à entretenir
Chez nous, on a quelque chose qu’on n’achète pas : la proximité. On se connaît, on se salue, on se croise. À l’école, dans les sociétés locales, au magasin, à la déchetterie, à l’assemblée communale… et souvent simplement « deux mots devant la porte ».
La proximité entre les citoyens du plateau apporte convivialité et renforce nos liens.
C’est un peu comme une terre ou une ferme : quand on l’entretient, ça donne. Quand on laisse aller, les mauvaises herbes poussent vite. Pas parce que les gens sont méchants – mais parce que c’est comme ça.
Quand on regarde autour de nous, on le sent : dans beaucoup d’endroits, le ton se durcit. Les avis s’éloignent, et parfois on a l’impression que chacun parle surtout « dans son coin ». Beaucoup ne s’informent plus que par leur propre canal, restent dans leur bulle – et ça devient plus difficile de se mettre vraiment à la place de l’autre.
En Suisse aussi, on en voit par moments les premiers signes. Et justement pour ça, j’aimerais qu’ici on fasse attention – pour que cette façon de se diviser ne prenne pas racine chez nous.
Ce que ces dernières années ont fait avec nous
La période du Covid a chamboulé bien des choses. La distance, l’incertitude, des informations parfois contradictoires… chez beaucoup, ça a laissé des questions. Et pendant qu’on se voyait moins, les réseaux sociaux, eux, sont devenus encore plus bruyants.
Résultat : des lectures très différentes de la situation. De la critique posée, jusqu’à des récits que d’autres appellent des théories du complot. Et ce n’est pas passé « ailleurs » : parfois, ça a traversé des familles, des amitiés, des voisinages.
Ça nous a rappelé une chose : la cohésion, c’est précieux… et c’est plus fragile qu’on ne le croit. Il suffit de peu pour que des malentendus deviennent des fossés.
Alors, certains se retirent, d’autres parlent plus fort – et le dialogue au milieu devient compliqué. C’est là, je crois, qu’on a quelque chose à faire : non pas chercher des coupables, mais trouver comment rester en conversation malgré des avis différents.
Peut-être que ça commence par du simple
Je ne pense pas qu’on règle ça avec de grands discours. Mais peut-être avec de petits pas – comme on le fait dans la vie de tous les jours.
On pourrait, par exemple, s’exercer à :
Et ça, ça ne commence pas à Berne. Ça commence chez nous : autour de la table, au bistrot, dans l’étable, au club, à l’assemblée.
L’humilité – comme avec la météo et la récolte
Pour moi, il y a un mot qui sonne un peu ancien, mais qui est très « de chez nous » : l’humilité.
L’humilité, c’est se dire : j’ai mon avis – avec mes expériences, ma situation, mon quotidien. Mais je ne vois pas tout. Et je peux me tromper.
C’est un peu comme la météo : on observe, on fait au mieux… et malgré tout, ça peut tourner autrement. Ou comme la récolte : on travaille, on s’applique, mais on sait bien qu’on ne maîtrise pas tout. C’est le ton qui fais la musique. Et souvent, ça change déjà l’ambiance. Le ton baisse. La discussion redevient possible.
Un vœu pour notre Plateau
Peu importe la religion ou la conviction de chacun. Peu importe notre sensibilité politique, notre âge, le fait d’être d’ici depuis toujours ou d’être arrivés plus récemment.
Allons les uns vers les autres. Parlons-nous – plutôt que de parler les uns des autres. Et ne laissons pas des désaccords devenir des fractures.
Comme ça, le Plateau peut rester une région où la diversité ne divise pas, mais enrichit – simplement, concrètement, humainement.
Je souhaite à toutes et à tous, de belles fêtes, un Noël paisible, et tout de bon pour la nouvelle année.
Valentin Wepfler
Président de Plateau Vivant
Evénements du Plateau :
Afin de valoriser les initiatives locales, Plateau Vivant met à disposition un agenda partagé.
Vous pouvez sélectionner :
Vous pouvez sélectionner en mode : grid, calendrier ou carte.
Si votre événement n’y figure pas encore, merci de nous contacter, nous serons heureux de l’inclure et de le promouvoir dans nos prochaines publications.
Nos Cynorhodons (Rosa canina) – un trésor rouge jusqu’en janvier
Les cynorhodons, ces petits soleils rouges d’hiver parfois surnommés gratte-culs, illuminent nos haies jusque tard dans la saison et regorgent de bienfaits. On les aperçoit partout sur le Plateau et dans le sud du Jura : le long des chemins, aux lisières des forêts et sur les versants ensoleillés.
Extrêmement riches en vitamine C – bien plus que les citrons – les cynorhodons renforcent naturellement le système immunitaire. Ils contiennent également des flavonoïdes et des antioxydants précieux pour la santé.
Après le gel, leur chair devient particulièrement douce et sucrée : le moment idéal pour les récolter.
• Tisane fraîche de cynorhodon (retirer les pépins)
• Compote ou marmelade de cynorhodon
• Poudre de cynorhodon pour lutter contre la fatigue hivernale
Un fruit simple, accessible, mais incroyablement nourrissant.
La Rosa canina est l’une des plus anciennes plantes médicinales d’Europe. Déjà, les Celtes utilisaient ses fruits rouge vif comme tonique d’hiver. Les Romains, eux, l’appréciaient pour combattre la fatigue et les infections.
Le terme « canina » provient d’un ancien récit romain affirmant que sa racine pouvait guérir une morsure de chien enragé (canis). Bien que cette histoire ne soit pas scientifiquement confirmée, elle a donné son nom à la plante.
Au fil des siècles, le cynorhodon est devenu une véritable plante de survie. En période de disette ou de guerre, il offrait une source fiable de vitamine C en hiver. Transformé en sirop, en compote ou en thé, il a soutenu la santé de générations entières — un savoir que beaucoup de grands-parents transmettent encore aujourd’hui.
Dans notre région, difficile de trouver une plante aussi précieuse, résistante et généreuse au cœur de l’hiver. Les cynorhodons nous accompagnent fidèlement jusqu’en janvier, offrant une dose naturelle d’énergie et de couleur dans les mois les plus froids.
Un petit fruit discret… mais un véritable allié de saison.
En cette période de fêtes où les lumières scintillent et où les odeurs de cannelle envahissent nos maisons, nous avons souhaité mettre à l’honneur une personnalité locale qui apporte douceur, réconfort et poésie gourmande à notre région.
Installé sur le Plateau, Patrice, chocolatier artisan, crée avec passion des pièces uniques sous son nom d’atelier : “Patrice” ch.ocolat (www.ocolat.ch) .
Plus qu’un chocolatier, il est un explorateur du goût, un alchimiste du cacao, un créateur qui met du cœur et du sens dans chaque carré.
Nous l’avons rencontré pour parler de son projet, de ses inspirations, … et bien sûr, de ses spécialités de Noël.
Hello Patrice, quel est ton projet ?
Patrice sourit avec la simplicité et la chaleur qu’on lui connaît.
« Apporter de la simplicité, des goûts bruts et enrichir mes chocolats de produits confectionnés par mes soins. L’envie d’offrir quelque chose de sincère et de vrai. »
Son atelier s’inscrit dans une démarche artisanale : petites productions, choix rigoureux des matières premières, créativité libre et respectueuse du produit.
Quels sont tes objectifs et ta mission ?
Patrice aime résumer son intention en trois mots : partager, éveiller, transmettre.
« Partager les saveurs, les douceurs avec des produits variés, délicieux, à base de chocolat, et ce fameux kakaw qui nous rappelle l’essence et l’origine du cacao. »
Kakaw est le mot ancien du cacao qui signifie la force et qu’utilisaient déjà les cultures amérindiennes. Ce produit a été créé avec la précieuse collaboration de Christelle Chopard. À travers ce terme, ils souhaitent rappeler que le chocolat est plus qu’une gourmandise : c’est un héritage, un aliment sacré dans certaines traditions, une matière pleine de caractère, de bienfaits pour la santé et d’histoire.

« Le chocolat, le cacao, c’est un monde. Une complexité aromatique incroyable. Un voyage sensoriel.»
Qu’est-ce qui t’a inspiré dans cette voie ?
Le regard de Patrice pétille lorsque l’on évoque sa démarche créative.
« Je cherchais une manière de m’exprimer qui allie la complexité et la liberté de création. C’est une matière vivante, sensible, qui demande de la précision, de la patience, mais qui offre une palette immense. »
Il évoque le travail fascinant du chocolat : la fluidité de la matière fondue, les parfums qui se développent à la chauffe, la transformation subtile entre températures, textures et gestuelle.
C’est cette approche artistique, sensible, presque poétique, qui l’a guidé vers son chemin d’expert artisan chocolatier.
Quel est l’impact de ton travail sur le développement régional ?
Au-delà du plaisir gustatif, l’atelier de Patrice contribue à plusieurs dimensions importantes pour notre Plateau.
• L’économie locale :
Patrice privilégie les circuits courts pour ses collaborations régionales. Cela crée des synergies, multiplie les échanges et renforce la vitalité économique de la région.
• La santé et le bien-être :
Un bon cacao de qualité, est un aliment riche en antioxydants, en magnésium, en flavonoïdes et vitamine C. Le kakaw active la sérotonine et est bénéfique pour le moral. Le kakaw, c’est un booster de bien-être naturel. Surtout quand il est pur et respecté. »
Ses produits contiennent peu d’additifs, des ingrédients simples, et surtout beaucoup de rigueur dans la qualité des ingrédients utilisés.
• La culture et la mise en valeur du territoire :
L’artisanat raconté par Patrice, les ateliers qu’il souhaite développer, les dégustations, les créations sur mesure pour des événements… tout cela contribue à enrichir l’offre culturelle et gastronomique du Plateau.
Quels sont tes défis du moment ?
Comme beaucoup de créateurs passionnés, Patrice sourit lorsqu’on aborde ce sujet.
« Mon plus grand défi ? Trouver le temps ! J’ai beaucoup d’idées, trop même. J’aimerais développer de nouveaux produits, explorer de nouvelle saveurs, proposer des ateliers… mais les journées ne font que 24 heures. »
Le second défi est la visibilité.
« Je dois me faire connaître davantage. Les gens qui goûtent mes chocolats reviennent, mais il faut que le bouche-à-oreille continue. »

Et pour les fêtes de Noël ?
« Noël, c’est la saison du chocolat. »
Cette année, il propose :
• des pralinés artisanales aux saveurs épicées,
• des tablettes festives praliné–orange, mandarine, ou grand cru pur,
• des truffettes crémeuses
• des figurines de Noël 100 % artisanales,
• et quelques créations secrètes qu’il ne dévoile qu’aux visiteurs de dernière minute…
Chaque pièce est pensée avec soin, souvent en édition limitée.
Vous trouvez ses chocolats sur Le Plateau
Un chocolatier qui enrichit notre Plateau
Avec sa passion, sa créativité et son engagement pour un chocolat et un cacao de qualité, Patrice apporte une dimension unique à notre région. Son travail est une invitation à savourer, à découvrir, à ralentir — et à célébrer l’artisanat local.
En ces fêtes de Noël, soutenir un artisan du Plateau, c’est aussi nourrir notre économie, encourager le savoir-faire et savourer un produit authentique.
Nous lui souhaitons un magnifique mois de décembre… et beaucoup de douceur pour l’année à venir.
La Gazette ouvre un nouveau chapitre :
une rubrique de portraits dédiée aux habitants et habitantes qui font vivre le Plateau de Diesse.
Et si vous en faisiez partie ?
Nous recherchons des personnes dont l’engagement, le bénévolat, le caractère singulier ou la connaissance du Plateau méritent d’être mis à l’honneur.
Peut-être connaissez-vous quelqu’un qui incarne cet esprit ?
avec Vincent Bourrut
Prêles – Son regard capte ce qui nous échappe. Troubadour de l’instant, barde des nuances et des nuées, Vincent Bourrut est homme qui façonne un monde suspendu, où la lumière se fait confidence. Où chaque paysage révèle quelque chose de lui, sans jamais tout dévoiler.
Il y a, quelque part entre les collines du Plateau de Diesse et la brume matinale sur le lac de Bienne, un monde griffonné à l’encre sensible de quelqu’un qui écoute la lumière, sait capturer l’indicible, Vincent Bourrut. Enfant du « haut », né à La Chaux-de-Fonds en 1973, il pose ses valises aujourd’hui entre ciel et pâturages, dans ce coin du Jura bernois qu’il tient pour son refuge, son « île ». Un enracinement qui éclaire son parcours.
Etre chez soi, en s’ancrant ici
« J’ai commencé la photographie amateur à 26 ans, après des études d’informatique », confie-t-il. Ce basculement tardif, loin du parcours classique, donne d’emblée la tonalité de sa démarche : mêler la rigueur (cet œil affûté de technicien) à une quête d’atmosphère. Fidèle à ses attaches du Jura neuchâtelois et à ces ambiances de hautes terres, il s’installe sur le Plateau de Diesse, où le halo matinal, presque fantomatique aime à s’attarder, où le matin s’éveille sans bruit, “comme un voile posé sur les collines”.
« Quand je suis arrivé ici, je me suis dit : c’est chez moi. Avant, nous vivions à La Neuveville, mais je ne suis définitivement pas un lacustre. Le lac ne me manque pas. J’aime les montagnes », glisse-t-il, presque surpris lui-même de ce sentiment immédiat d’être arrivé à destination. Ce refuge intime transparaît dans ses clichés : un arbre solitaire qui émerge de nulle part, une prairie découvrant sa rosée à l’aube, un ruisseau dont le miroir troublé tremble sous les nuages.
L’arrière-monde en filigrane
Ses photographies révèlent une double nature : d’un côté, une douceur enveloppante – des teintes pastel, des formes floutées, une lumière tamisée ; de l’autre, des contrastes francs, une présence dense du réel. « Je suis d’un naturel plutôt ouvert… mais j’ai un côté anxieux et perfectionniste », reconnaît-il. Cette tension intérieure nourrit ses images : le calme apparent masque une quête, une vigilance, un désir presque obsessionnel de saisir l’instant juste.
Il ne jure que par la lumière naturelle. « Sans hésitation, lumière naturelle ! », affirme-t-il. La brume, surtout, est devenue son langage : elle rend l’air tangible, suspend le temps, invite le regard à glisser vers la sensation plutôt que vers la description. Elle transforme un paysage familier en confidence lumineuse.
Le professionnel, l’artiste, l’homme
Professionnel reconnu, il réalise reportages, portraits, mariages. Mais chez lui, jamais la commande n’efface l’artiste. Chaque séance porte quelque chose de son monde : une poésie diffuse, une présence discrète, une écoute patiente. On l’imagine guettant l’heure bleue, traquant la lumière rasante sur une route de campagne ou captant la musique des lieux, un silence quasi religieux qui s’installe quand la nature retient son souffle.
« Ce n’est pas l’appareil qui fait la photo », dit-il avec douceur, comme une évidence.
Puis est venue récemment une nouvelle respiration dans son travail, une envie de se réinventer. D’explorer d’autres territoires. Un penchant pour l’architecture, l’urbain, le graphisme des volumes. Il a choisi d’explorer ses propres racines à La Chaux-de-Fonds, avec des images au cadrage plus affirmé, aux lignes plus nettes, aux jeux de formes et de contrastes. Ce tournant s’illustre notamment dans son calendrier 2026 dédié à la métropole horlogère, où chaque mois dévoile un angle inédit de la ville. Cette série architecturale n’est pas un simple projet secondaire : c’est l’extension d’un univers, le prolongement de sa quête de lumière, mais désormais appliquée à l’espace construit, à la géométrie, à l’héritage urbain. Cette évolution visuelle révèle une autre facette de son tempérament : une sensibilité où l’ombre, la tension et les contrastes trouvent aussi leur place.
Comme cette part plus sombre que l’on retrouve dans ses goûts musicaux. Le métal, le dark jazz en ce moment, des univers plus rugueux qui contrastent avec la délicatesse de ses images. Cette dualité — ombre d’un côté, douceur de l’autre — traverse à la fois l’homme et son œuvre. Et c’est dans ce dialogue intérieur que se comprend son attachement au Plateau de Diesse, ce lieu qui apaise autant qu’il inspire.
Là où tout s’apaise
Un Plateau qui n’est pas seulement territoire pour lui. C’est une respiration. Un espace entre deux mondes, presque une île. Il aime ce sentiment d’éloignement sans isolement, cette manière qu’a le paysage de le tenir à distance juste ce qu’il faut pour stimuler son regard. « La patience et la persévérance sont essentielles », confie-t-il parfois. Alors il marche, il observe, il attend. La lumière finit toujours par venir.
Quand elle glisse alors sur le relief et que le paysage se dépouille de l’essentiel, sa photographie se mue en signature : une douceur rare, souvent touchante, jamais mièvre. Et derrière cette délicatesse, une densité émotionnelle, comme un écho de ses préférences. En matière de musique, certes, mais également pour ce qui est de la littérature. Ainsi, il nourrit aussi son imaginaire de lectures habitées par l’ombre : Edgar Allan Poe, Lovecraft, Stephen King. Des auteurs qui scrutent les failles, les silences, l’envers du décor. On retrouve chez lui cette même attention au trouble discret, cette manière d’aborder le monde par ses marges. Poe, avec sa profondeur mélancolique, résonne dans sa sensibilité fine ; Lovecraft, avec ses horizons inquiétants, dans son goût des atmosphères denses. Stephen King, enfin, dans cette faculté à révéler l’étrangeté tapie sous l’ordinaire. Sans que ses images ne deviennent sombres pour autant, elles portent parfois cette tension légère — une façon de suggérer que tout paysage, aussi paisible soit-il, cache toujours une histoire plus profonde.
Un regard à part
Rencontrer Vincent, c’est découvrir un homme discret, exigeant, quelquefois inquiet, toujours en quête de justesse. Rigueur et perfectionnisme.« Je suis un éternel insatisfait », glisse-t-il, presque en s’excusant. Mais c’est peut-être justement cette insatisfaction qui nourrit sa poésie : un désir constant de s’approcher de l’essentiel, faire corps avec le paysage, quel qu’il soit.
En s’ouvrant à d’autres horizons, Vincent Bourrut ne renonce jamais à ce qu’il est intrinsèquement. Un homme de lumière et d’ombre, de rigueur et de douceur, un artisan de la brume. Son Plateau est devenu son île — une île intérieure autant que géographique — d’où il regarde le monde, patiemment, humblement, poétiquement.
Céline Latscha
Un savoir-faire qui a du goût
Rencontre avec les co-créatrices : Thiébaut Valérie et Rouiller Danielle
Qu’est-ce qui distingue votre travail ?
Depuis 2016, nous fabriquons des pâtes artisanales, bio et régionales à partir de nos propres céréales : épeautre, blé, seigle et amidonnier. Nous maîtrisons toute la chaîne, de la culture à la transformation, pour offrir des produits authentiques et savoureux.
Quels sont vos objectifs ?
Valoriser la production agricole locale en proposant des produits régionaux de qualité, fabriqués avec plaisir. À long terme, contribuer à une économie plus solidaire et durable.
Qu’est-ce qui vous motive ?
Transformer nos propres céréales et recevoir les retours chaleureux et enthousiastes de nos clients. C’est ce lien direct qui donne du sens à notre travail.
Votre plus grand défi ?
Faire connaître notre savoir-faire et nos produits à une plus large échelle dans la région.
Journée porte ouvertes: Porte ouverte de l’atelier « Aux mille pâtes » fabrication de pâtes artisanales
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À découvrir
Avec Sarah Rizzardo
Chère Sarah, comment décris-tu ton travail et tes créations ?
Peinture intuitive, méditative. Elle permet de se reconnecter à soi, d’être dans un espace lié à nos émotions et de pouvoir les déposer, sur la toile, dans les couleurs, la vibration des couleurs, les formes, les mots… Se ressourcer, renouveler son énergie ou s’apaiser, écouter son coeur, être dans l’acceptation de ce qui est, ralentir…
Quels sont tes objectifs ?
Pouvoir partager, par mes créations, peintures ou textes-poèmes ou par des ateliers, cette façon d’aborder la peinture et d’ainsi sortir du mental analytique, de toute « technique » apprise et d’explorer le ressenti, de vivre les émotions consciemment, de s’accepter soi dans sa totalité.
Qu’est-ce qui t’a inspiré et continue à te motiver sur cette voie ?
Je me suis retrouvée bloquée devant ma toile, à réfléchir aux techniques apprises, à chercher un sujet à peindre, etc. Alors que je recherchais à me détendre après mes journées au travail, je créais frustrations et jugements. J’ai donc littéralement tout lâché, délaissé mes pinceaux et utilisé mes doigts, mes mains et je me suis laissée guider par elles, par mon corps, les mouvements qui me détendaient, les mélanges de couleurs qui exprimaient ce que je ressentais. J’ai parfois le sentiment de passer d’un monde à un autre lorsque je me mets à peindre. Et la méditation que je pratique avant de peindre fait vraiment partie de ma démarche globale. Le bien-être que je ressens pendant et après mes cessions de peinture fait que celles-ci sont devenues essentielles à mon équilibre émotionnel. Et bien sûr, j’aime peindre, dessiner, bricoler, crocheter, …. créer…
Est-ce que Plateau Vivant a apporté du soutien dans le développement de ton projet ?
Plateau vivant m’a permis d’exposer dans la Maison du Plateau et me permet de donner des ateliers de peinture intuitive en proposant une salle à la location. Le plus utile a été l’exposition car cela m’a donné de la visibilité.
En quoi ton projet contribue au développement du Plateau ?
Au niveau Culturel, santé et bien-être.
Quels sont tes défis en ce moment pour continuer ton développement ?
Actuellement c’est l’espace… Je rêve d’avoir un atelier, un atelier où peindre mais également où organiser des cours/ateliers. Un espace dédié pour créer et partager.
Où trouve-t’on plus d’informations ?
www.tousvospossibles.ch