À l’automne, il suffit parfois de ralentir un peu pour remarquer ces petites touches de rouge qui illuminent les haies du Plateau. Le cynorrhodon, fruit de l’églantier (Rosa canina), est l’un de ces petits trésors que la nature nous offre presque discrètement.
On le rencontre au bord des chemins, sur les talus et dans les haies bocagères. En septembre, il est encore ferme et brillant, comme s’il avait gardé un peu de la chaleur de l’été. Puis, au fil des semaines et des premiers froids, il devient plus tendre et sa couleur s’intensifie.
Un petit fruit chargé d’histoire
Bien avant que les rayons des magasins ne nous offrent des fruits toute l’année, les haies étaient aussi un garde-manger. Le cynorrhodon était récolté pour préparer des purées, des sirops, des confitures ou des infusions.
Dans plusieurs régions d’Europe, on le conservait précieusement pour l’hiver, notamment parce qu’il constitue une source naturelle de vitamine C. Sur le plateau comme ailleurs, ces gestes faisaient partie des savoirs simples transmis de génération en génération : reconnaître le bon moment pour cueillir, savoir quoi conserver et prendre soin de ce que la nature pouvait offrir.
La cueillette était aussi une manière de prendre le temps. On marchait, on observait les haies, on remplissait doucement son panier… et peut-être qu’on rentrait avec un peu plus que des fruits : une saison dans les mains.
Un goût d’automne
Le cynorrhodon possède une saveur délicatement acidulée, légèrement fruitée. Il se prête aussi bien aux préparations sucrées qu’aux boissons chaudes.
Et si, cette année, on changeait de la traditionnelle tisane ?
🍎 Sirop de cynorrhodon, pomme et cannelle
Une petite préparation maison qui capture joliment les saveurs de l’automne.
Ingrédients :
- 500 g de cynorrhodons bien mûrs
- 2 pommes
- 500 ml d’eau
- 150 à 200 g de sucre, selon le goût
- 1 petit bâton de cannelle
- éventuellement une étoile de badiane
Préparation :
Lavez les cynorrhodons et retirez les extrémités. Coupez les pommes en morceaux, sans nécessairement les éplucher.
Faites mijoter doucement les cynorrhodons et les pommes avec l’eau et les épices pendant environ 30 minutes. Écrasez légèrement les fruits, puis filtrez très soigneusement à travers une passoire fine ou une étamine.
Le filtrage est important : les petits poils et graines du cynorrhodon sont irritants et doivent être complètement éliminés.
Remettez le jus obtenu sur le feu, ajoutez le sucre et laissez réduire doucement jusqu’à obtenir un sirop légèrement épais.
À déguster avec de l’eau chaude, dans un yaourt nature, sur une compote de pommes ou simplement à la cuillère pour retrouver un petit goût d’automne.
Cueillir avec respect
Si vous partez à la recherche des cynorrhodons, choisissez des endroits éloignés des routes et des zones traitées. Les fruits doivent être sains et propres.
Et surtout, ne cueillons pas tout ! Les cynorrhodons font aussi partie du garde-manger de nombreux oiseaux et petits animaux durant la saison froide. Laissons-en donc une belle part derrière nous.
Peut-être est-ce finalement cela, le plus beau de la cueillette sauvage : prendre un peu, apprendre à regarder, et laisser suffisamment pour que la nature continue de donner.
Thème inspiré par Valentin Wepfer Rédigé par Christelle Chopard
