On la reconnaît facilement à ses feuilles dentelées et surtout à cette brûlure cuisante qui nous fait instinctivement reculer. Pourtant, derrière son caractère piquant se cache une plante étonnamment généreuse. L’ortie (Urtica dioica) fait partie de ces plantes sauvages qui accompagnent discrètement la vie rurale depuis des générations.
Sur notre Plateau, elle pousse volontiers près des fermes, le long des haies, sur les talus riches et aux lisières. Elle apprécie les sols fertiles et riches en matière organique. En août, elle est particulièrement vigoureuse : ses tiges sont hautes, son feuillage d’un vert profond et elle offre une impression de force et d’abondance.
Une plante qui pique… mais qui réveille
Dans les campagnes, on disait volontiers que l’ortie « réveille » autant qu’elle pique. Avant l’arrivée des produits modernes, elle faisait partie de ces plantes auxquelles on trouvait de multiples usages.
Elle servait notamment à fortifier les animaux, à enrichir le compost et, traditionnellement, à réaliser des frictions destinées à stimuler localement la circulation. Une plante mal aimée, certes, mais dont les anciens connaissaient bien les qualités pratiques.
L’ortie nous invite aussi à changer de regard : ce qui nous dérange au premier contact peut parfois se révéler précieux lorsqu’on apprend à mieux le connaître. Savoir la reconnaître et la cueillir avec précaution fait partie de ce savoir populaire transmis au fil des générations.
Traditionnellement, l’ortie est aussi appréciée pour accompagner les douleurs articulaires et les inconforts liés à l’arthrose, notamment sous forme de préparations ou d’usages externes.
Une richesse minérale
Traditionnellement, l’ortie est appréciée comme plante reminéralisante et tonifiante. Elle est notamment connue pour sa richesse en minéraux et constitue une plante intéressante dans une alimentation variée.
En usage traditionnel, elle accompagne les périodes où l’on se sent plus fatigué et les changements de saison. Elle est également utilisée comme soutien des fonctions d’élimination. Comme toujours avec les plantes médicinales, l’idée est de privilégier un usage simple, régulier et modéré plutôt que d’en faire une consommation excessive.
Une soupe toute simple
L’une des meilleures façons de découvrir l’ortie reste peut-être de la cuisiner. Sa saveur rappelle quelque peu celle des épinards et se marie particulièrement bien avec la pomme de terre.

- Une poignée de jeunes feuilles d’ortie
- 1 gousse d’ail
- 1 avocat (qui peut aussi se remplacer avec un concombre mais cela va changer le goût et la substance)
- 2cs de jus de citron
- 1cs d’huile d’olive
- 1 cuillère à soupe de graines de tournesol qui seront déjà activée (trempées dans de l’eau pendant 15min.)
- 1cc de tamari
- 1 pincée de sel
- du poivre
- de l’eau chaude pour mixer le tout
En portant des gants, récolter les jeunes feuilles et les mettre dans un mixer. Ajouter les autres ingrédients.
Simultatément : Chauffer de l’eau : remplir 2 bols d’eau chaude pour les préchauffer
Une manière toute simple de préparer une soupe savoureuse, chaude sans perdre les propriétés nutritives de la plante. .
🌿 La légende de l’ortie
On raconte qu’autrefois, les paysans frottaient doucement les orties sur leurs jambes et leurs articulations pour « réveiller » les parties du corps engourdies. La brûlure était alors perçue comme le signe que la vie et la chaleur revenaient dans le corps. De là serait née l’idée populaire que l’ortie, aussi piquante soit-elle, « réveille ce qui dort ».
Une autre croyance ancienne voulait que l’ortie protège des mauvais esprits et de la foudre lorsqu’on en plaçait quelques brins près de la maison. Ainsi, cette plante que l’on évite instinctivement était aussi considérée comme une plante de force, de protection et de vitalité.
Cueillir avec respect et précaution
L’ortie se récolte de préférence dans des endroits propres, éloignés des routes et des zones susceptibles d’avoir été traitées. Privilégier les jeunes pousses et les jeunes feuilles plutôt que les plantes trop âgées.
Son utilisation médicinale doit rester prudente. En cas de traitement anticoagulant, de troubles rénaux ou pour une utilisation prolongée sous forme de cure, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé.
L’ortie est finalement à l’image de la nature qui nous entoure : parfois piquante, souvent généreuse et toujours pleine de ressources. Il suffit parfois de ralentir, de regarder ce qui pousse au bord d’un chemin et de redécouvrir les savoirs simples qui nous relient à notre territoire.
Rédigé par Christelle Chopard
